Un voyage visuel à travers onze paysages de Majunga et de la région du Boeny. Explorez la baie, le delta rouge, la forêt sèche et les grottes au fil du défilement.
La ville s’étire entre la baie de Bombetoka et l’océan Indien. Capitale du Boeny et troisième ville du pays, Mahajanga regarde passer les boutres depuis trois siècles. Au nord, le fleuve Betsiboka colore la mer d’ocre ; le soir, la corniche s’allume face au couchant.
La meilleure saison va de mai à novembre, au cœur de la saison sèche.
Planté il y a près de trois siècles, le Grand Baobab est l’emblème de Mahajanga. La tradition veut que tout voyageur fasse sept fois le tour de son tronc pour recevoir la bénédiction des ancêtres. Autour de lui, la corniche aligne ses palmiers, ses pêcheurs et ses vendeurs de brochettes jusqu’au coucher du soleil.
Le baobab est protégé par une grille blanche au milieu du rond-point, avenue de France.
Deuxième port de commerce de Madagascar, Mahajanga est la plaque tournante du cabotage de la côte ouest. Les boutres — voiliers à voile latine hérités des marins arabes — se rangent le long des quais, mâts dressés et coques peintes. Poisson séché, riz, ciment, épices : tout le Nord-Ouest transite ici, entre les pirogues des pêcheurs et les cargos.
Les boutres se construisent encore au chantier de Marolaka, au sud de la ville.
La colline d’Androva domine Mahajanga d’une soixantaine de mètres. C’est ici que s’élevait le rova, le palais royal du royaume sakalava du Boina, puis la résidence de pierre des gouverneurs merina après 1824. La colline porte aujourd’hui un phare, l’hôpital universitaire et les vestiges d’un fort. Du belvédère, la ville coloniale, la baie et les mâts du port s’offrent d’un seul regard.
Le rova merina fut bâti en pierre sur ordre de Radama Ier après sa conquête de 1824.
Au nord de la ville, sur la route de l’aéroport, une falaise d’argile et de grès se creuse en amphithéâtre. Douze nuances vont du rose pâle au rouge profond, séparées par des bancs blanchis et coiffées de buissons verts. Les habitants y jouent au football sur le sable rouge ; au coucher du soleil, la lumière embrase les aiguilles.
Le site, autrefois appelé Anahidava, est classé patrimoine naturel national. Restez au fond du cirque : les parois sont fragiles.
Sous les halles au treillis blanc et les enseignes rouges, les marchés de Mahajanga déploient leurs étals : fruits, poissons séchés, épices, tissus, vanneries. Les pousse-pousse colorés fendent la foule, les vendeuses portent leurs paniers en équilibre. C’est ici que se croisent les héritages sakalava, indien, comorien et chinois de la cité des fleurs.
Venez tôt le matin : c’est l’heure des arrivages et de la lumière.
Le bac quitte Mahajanga pour rejoindre Katsepy, de l’autre côté de la baie de Bombetoka. Sur la colline, le phare de 1901, construit en tôle rivetée par des ingénieurs français, monte ses 174 marches vers un panorama complet sur l’embouchure du fleuve. Autour : le village de pêcheurs, le Cirque Bleu et ses dix-huit teintes, les mangroves, et trois espèces de lémuriens qui vivent près du phare.
Le bac Baobab traverse en 45 minutes ; vérifiez les horaires la veille.
Au nord-ouest de la ville, la longue plage d’Antsanitia s’étire à marée basse en miroirs d’eau. Les surfeurs y guettent la houle du canal du Mozambique, les pirogues remontent la rivière Morira dans la mangrove, et d’août à octobre, les baleines à bosse croisent au large. Le soir, les kiosques en feuilles de palmier s’allument sous les filaos.
Respectez les zones de nidification : les tortues marines pondent sur certaines plages du nord-ouest.
À deux heures de route, le parc national d’Ankarafantsika protège 135 000 hectares de forêt dense sèche et de savane. Ses sentiers mènent aux baobabs, au lac Ravelobe où flottent les crocodiles du Nil, et aux cris des sifakas de Coquerel. Huit espèces de lémuriens, 129 espèces d’oiseaux, dont le pygargue de Madagascar : le Boeny sauvage commence ici.
Le circuit Coquereli longe le lac ; les guides du parc repèrent les lémuriens au petit matin.
À 80 kilomètres au nord-est, la colline d’Anjohibe est percée de plus de trente entrées. Sous la savane, le réseau calcaire déroule ses salles ornées de stalactites, ses gours et la rivière Decary qui coule encore. Les paléontologues y ont retrouvé des hippopotames nains et des lémuriens géants subfossiles : les plus anciennes traces humaines de Madagascar dorment dans ces sédiments.
La visite se fait avec un guide local, à la lampe frontale ; certaines galeries sont glissantes.
En amont de Mahajanga, la Betsiboka dépose chaque année des millions de tonnes de limon ocre. Le delta, photographié depuis l’espace, dessine des nervures rouge vif dans la mer turquoise. On s’y promène en pirogue entre les bancs de sable, les îlots de palétuviers et les villages de pêcheurs ; les oiseaux d’eau colonisent les vasières à marée basse.
Le limon rouge est le signe d’une érosion accélérée des terres du haut pays, visible depuis l’espace.